Vous avez dit biocarburants ?
2016
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Vous avez dit biocarburants ?

Manger OU rouler n’est pas un dilemme français !

Le CLUB / 2018

On qualifie aujourd’hui de “biocarburants de première génération”, G1, le bioéthanol et le biodiesel qui sont élaborés (en France notamment) à partir de graines ou de tubercules agricoles (c’est à dire à partir des “organes de réserve” des plantes), dont la vocation primaire reste d’abord alimentaire. En revanche, des biocarburants dits de “deuxième génération”, G2, (qui sont encore absents du marché…voir ci après ), pourront un jour, probablement, provenir industriellement de la transformation de “ligno-cellulose”, c’est-à-dire de bois ou de pailles non dédiés à l’alimentation.

Nos biocarburants présentent en tout état de cause des avantages décisifs et sans alternatives dont le gouvernement Français avait pris la mesure dès les années 2000 en soutenant leur développement.

La réussite du plan biocarburants français fut et reste exemplaire, sous l’impulsion du monde agricole et agro-industriel. Et tous les opérateurs bénéficièrent, à l’origine, de l’appui décisif de l’Institut Français du Pétrole.

Imaginé et amorçé à titre opérationnel dès 1994 (date du premier colloque international sur les biocarburants, tenu à Tours !), le plan biocarburants français ne fut néanmoins développé à grande échelle qu’à partir de 2003. Près de 3,5 milliards d’euros y furent investis en 10 ans par les partenaires agro-industriels et pétroliers, et 16 nouvelles usines dédiées, (qui sont en fait des bioraffineries), furent construites pour parvenir à substituer chaque année, et jusqu’à aujourd’hui, 7,6 % de la consommation française de carburants.

Plus récemment, deux autres programmes de recherche-développement furent amorcés à leur tour, avec de nombreux partenaires, pour anticiper et préparer les deuxièmes générations futures éventuelles de biocarburants (G2), à base de ligno-cellulose (résidus de bois-paille ).

A l’évidence, les biocarburants de G1 et de G2 sont appelés à être produits et utilisés durablement en synergie. Opposer les uns et les autres, comme le font certains, est un contre-sens !

                       -Le programme biotechnologique FUTUROL, qui est en cours de finalisation industrielle, devrait déboucher à court ou moyen terme sur la production de masse de bioéthanol de G2 pour substituer les essences.

                       -Le programme Bio-T-Fuel, thermochimique, pourrait aboutir quant à lui, mais à un horizon encore incertain, à la production de carburants de G2 de type biodiesel ou bio-kérosène.

Notre plan biocarburants reste donc une référence, y compris en Europe, voire au niveau mondial. Il illustre une véritable politique de développement durable, et ceci quelles que soient les critiques dogmatiques dont il a pu être singulièrement l’objet !

Par sa modération (contrairement aux ambitions qui sont affichées par les programmes homologues des Etats Unis ou du Brésil, par exemple, et que l’on peut juger excessives), le plan biocarburants de notre pays n’a eu aucun impact négatif sur la production alimentaire en France, ni sur l’environnement en agriculture. Et il a même permis, à la grande satisfaction des tenants d’une vision responsable du futur, de réconcilier productivité et développement durable !

On peut alors s’interroger sur le fait de savoir si les biocarburants pourraient un jour être ou devenir “LA” solution miracle qui permettrait de faire face à la raréfaction programmée du pétrole et du gaz (le “peak oil”) ? La réponse à cette question est négative, bien entendu ! Les surfaces disponibles en terres cultivables en Europe et dans le monde ne suffiraient pas, et de loin, à remplacer tout le pétrole et le gaz qui sont consommés par notre civilisation (même sobrement), et ce malgré une intensification nécessaire des cultures.

C’est pourquoi cette politique de développement des biocarburants, aussi exemplaire soit-elle, doit rester indissociable d’une obligation prioritaire, constante et accrue d’économies d’énergie et de sobriété dans nos transports, comme pour toutes nos activités d’ailleurs. Chaque citoyen, chaque opérateur, chaque élu et chaque chercheur y a son rôle à jouer !