Le CLUB des Bioéconomistes | Voir loin et voir large !
2018
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Voir loin et voir large !

Penser notre futur !

Le CLUB / 2017

On se demande souvent quelle est la société que nous préparons pour les générations futures ? Quel modèle de vie devront adopter ou subir nos enfants pour acquitter la « facture climatique » que nous leur aurons léguée…? Avec neuf ou dix milliards de terriens attendus, si le « luxe » de pouvoir décemment boire et manger, se chauffer et s’abriter tout en accédant à un minimum de bien être est enfin partagé par tous et non pas, comme aujourd’hui, interdit à deux milliards d’êtres humains, comment faut-il aborder d’abord « l’équation de 2050 » ? Et comment imaginer pouvoir la résoudre en sachant qu’à cette échéance, l’énergie disponible sera rare, et donc chère, comme le seront simultanément l’eau et la nourriture… ? Oui, il faut s’interroger sur ce qu’il convient de faire. Et les « bons conseils » ne manquent pas…

C’est simple, disent certains ! L’histoire humaine a prouvé, jusqu’au XIXe siècle, qu’un modèle de développement sobre, autarcique, rural et peu technologique était viable. Un tel modèle ne se fondait-t-il pas d’ailleurs pour l’essentiel sur l’utilisation des ressources naturelles renouvelables de la terre, des forêts, de l’eau et du vent ? Il n’y a qu’à s’en inspirer pour dompter le futur … Mais ceux ci oublient trop vite que, jusqu’au XIXe siècle, la planète n’a jamais compté plus d’un milliard d’habitants, soit 10 fois moins que ce que nous réserve l’avenir. Le modèle de vie « bucolique » que ces multiples « conseilleurs » invoquent, avec « à chacun son lopin et sa cabane » comme horizon, est donc une parfaite illusion avec 10 milliards de terriens qui ont déjà presque tout oublié en outre des « fondamentaux de la terre »…

Qu’à cela ne tienne, diront d’autres ! L’histoire humaine a montré que la science, la technologie et les découvertes sont toujours venues à bout de tous les défis. Soyons confiants… Mais ceux là oublient bien vite que tous ces fameux « progrès » qui ont permis, dans le passé, d’augmenter sans cesse le niveau et le « rendement » technologique de notre civilisation, n’ont été possibles que grâce à « toujours plus d’énergie consommée », et grâce à l’abondance d’hydrocarbures fossiles bon marché. Chaque étape de croissance et de progrès fut ainsi de plus en plus énergivore! Or, l’énergie sera désormais rare et chère…

Non, les vraies solutions à notre équation du futur ont toutes les chances d’exiger plutôt de la sobriété, de l’intelligence dans nos organisations, de l’innovation verte et bien sur de la bioéconomie… Il faut les analyser en profondeur et en largeur, en sachant tirer les enseignements du passé. La réponse bioéconomique de la terre et des forêts – tout comme celle des océans – est ainsi particulièrement ubiquiste. Elle constitue un point de passage obligé et majeur du cycle du carbone planétaire, et donc de l’enjeu climatique.

Depuis l’aube de l’humanité, nos ancêtres en ont tiré parti pour survivre en faisant de la bioéconomie sans le savoir. Ce sont les multiples usages alimentaires et non alimentaires des productions de l’agriculture, de la pêche, de l’aquaculture et de la sylviculture qui sont en jeu, avec en outre la réutilisation agronomique fertilisante des déchets organiques et des cendres végétales.

Tout ce capital de savoirs et d’expériences est fondamental. Il a été accumulé au cours des siècles. Grâce à lui, l’homme a acquis le contrôle de la terre et de ses productions, c’est à dire la maîtrise de sa propre survie sous chaque climat et dans chaque territoire…

Cette « science du bon sens » reste encore, aujourd’hui, l’apanage des paysans, des forestiers et des agronomes, qui sont autant de professionnels en « or massif » à protéger en priorité… A protéger en effet car ils sont de moins en moins nombreux et de moins en moins bien compris par le grand public, et pour faire face aux besoins alimentaires et non alimentaires croissants de nos sociétés.