bioénergies du monde

26.11.2016

Les bioénergies du Monde

Chaque année, l’américain moyen consomme en énergies diverses 8 tep (tonnes équivalent pétrole), contre 4 tep/an pour un européen, et seulement 1 tep/an et par personne pour la moyenne des citoyens du monde… 82 % des besoins énergétiques mondiaux sont satisfaits par les ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon…), avec les conséquences climatiques que l’on sait à la clé.

Une transition énergétique s’impose donc, à l’évidence, même si l’ère des combustibles fossiles (et notamment du charbon) est loin d’être révolue à l’horizon du demi-siècle. Le renouvelable y a naturellement sa place (voir ci-dessous), et le bio-sourcé, né de la photosynthèse, en est une des ossatures originales et puissantes, extrêmement diversifiée en outre.

Les énergies renouvelables représentent 19 % de la consommation énergétique finale mondiale. Les trois quarts sont issus de la biomasse.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit d’ailleurs une très forte croissance des bio-filières énergétiques dites « modernes » dans le Monde pour les 20 ans à venir !

Ainsi, à l’horizon 2035, les biocarburants progresseraient de + 250 % à + 700 % selon les scénarii de l’AIE, tandis que la chaleur bio-sourcée dans l’industrie et les villes se développerait de + 80 % à + 150 % et la bioélectricité de + 150 % à + 300 % (nb. Cette dernière perspective relative à la bioélectricité ne s’applique évidemment pas à la France du fait de la prééminence confirmée de l’électricité nucléaire dans notre pays).

La biomasse occupe donc une place diversifiée et cruciale dans la stratégie énergétique mondiale. Nul ne soupçonne pourtant que les bioénergies arrivent au second rang énergétique mondial derrière les énergies fossiles, et devant le nucléaire… alors même que les énergies renouvelables les plus « en vogue » (solaire et éolien en particulier…) restent et resteront encore longtemps à un niveau de contribution secondaire, comme le montre le tableau ci-dessous.

bioénergie n°11

N’oublions pas toutefois, face à de telles prévisions, que la vertu majeure de la biomasse (et c’est là sa grande originalité), n’est pas de conduire à la seule production d’énergie, mais bien de répondre d’abord aux besoins alimentaires, et de satisfaire également aux nécessités de substitution des matériaux et des molécules d’origine fossile. C’est cette diversification systémique de la bioéconomie que les stratégies énergétiques (souvent dominantes) oublient malheureusement trop souvent de prendre en compte, à commencer dans le « paquet énergie climat européen » !

Le CLUB des Bioéconomistes