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12.02.2015

Les enjeux de la bioéconomie

Les enjeux de la bioéconomie (2014) Le « carbone vert », autre qualification de la biomasse et de ses produits, est peut-être un mot nouveau pour beaucoup d’entre nous, mais c’est pourtant une réalité très ancienne à laquelle l’agriculture et le bois, notamment, ont donné tous ses « quartiers de noblesse et de durabilité » au cours de notre histoire. On peut dire en effet que c’est grâce aux vertus du carbone renouvelable, c’est à dire à la photosynthèse, à la terre, aux forêts et à leurs produits que l’essentiel des besoins de l’homme a été satisfait au cours de l’histoire. C’est aussi ce « carbone vert » qui fut, dans les mers, à l’origine du charbon, du pétrole et du gaz aux ères géologiques. Mais les temps changent…   Nous étions 1 milliard d’habitants sur Terre en 1800, 3 milliards en 1960, 6 milliards en 2005 et l’on s’achemine vers 9 milliards en 2040-2050. En même temps, le développement de la consommation va de pair avec la démographie, la croissance et les changements de comportements. Dès lors, on voit poindre en perspective plusieurs défis majeurs et simultanés, à commencer par celui des ressources en eau. Mais ce n’est pas tout, loin de là !   Aux mêmes échéances, nous devrons également faire face à un problème aigu de suffisance alimentaire. On comptait en effet, dans le Monde, 0,5 hectare de surface cultivée par habitant en 1950, 0,4 en 1970 et 0,3 en 1990, alors que se profile un seuil préoccupant de 0,1 à 0,2 ha/habitant en 2040 ou 2050. A ce même futur, et toujours aux mêmes échéances, s’ajoute la grave question des réserves énergétiques. Au rythme actuel de consommation (toujours croissant), elles sont estimées à 40 ans pour le pétrole, 60 ans pour le gaz, 80 ans pour l’uranium et peut-être 200 ans pour le charbon (réserves prouvées et conventionnelles). Or, ce sont bien ces énergies « faciles » et abondantes qui ont permis l’essentiel du « tout progrès » que nous avons connu en un siècle. Et derrière l’énergie se dissimule en outre la problématique générale des ressources en matières premières. Nous devrons donc nous adapter à une nouvelle rareté de ces biens fondamentaux que sont l’eau, l’alimentation, l’énergie et les matières premières de base, dont la disponibilité semble pourtant si banale dans nos pays développés. Mais nous devrons aussi nous adapter, simultanément, à la dérive climatique et au réchauffement en cours, tout en agissant vite et massivement pour les prévenir. Le CLUB des Bio-économistes / CGAAER / décembre 2014