Rz_FONDS155[1]

18.02.2015

Redresser quelques idées reçues sur le reboisement et la forêt…

La sylviculture traditionnelle française à objectif dominant de « bois d’œuvre massif », qui met plutôt en avant le feuillu que le résineux (selon les régions), pourrait bien mériter d’être ré-évaluée (voir encadré ci après). L’avenir pourrait bien en effet dessiner pour notre filière bois de nouvelles ouvertures de marchés pour des productions forestières à rotations moins longues, plus tournées vers des résineux (selon les régions) et visant enfin la production d’arbres plutôt plus « jeunes » et moins volumineux, censés fournir en fait une matière première industrielle de base susceptible d’être en partie recomposée et reconstituée pour de nouveaux matériaux.

Que nous apprend l’à parte ci dessous ?

*** Une forêt française majoritairement constituée d’espèces feuillues…

Tous types de bois confondus (hors bois de chauffage autoconsommé), la récolte commerciale annuelle de bois résineux dépasse en France 25 millions de m3, tandis que celle des feuillus ne s’établit qu’aux alentours de 13 millions de m3 par an.<p></p>

Or la forêt feuillue occupe en France 70% des surfaces forestières, contre 30% seulement pour les résineux (soit l’inverse de l’Allemagne, dont la production de sciages est le double de la nôtre…). Ce paradoxe résulte du fait que la productivité annuelle à l’hectare des peuplements résineux (comme leur absorption annuelle de CO2 atmosphérique) est pratiquement le double en moyenne de celle des peuplements feuillus. Elle atteint même par exemple une performance triple, voire plus, pour les futaies de Douglas. <p></p>

Or, il manque annuellement à la filière bois française l’équivalent de 10 Mm3 de bois résineux (l’équivalent « matière » de notre déficit commercial). Et un tel volume pourrait en fait être produit par seulement 700 000 hectares de nouvelles plantations résineuses….(le FFN avait permis d’en planter 2 Mha). Et il suffirait en réalité de 15 ans pour les planter, à raison par exemple de + 50 000 ha/an, rythme préexistant avant l’extinction du FFN. <p></p>

Et bien, 50 000 ha/an de reboisements supplémentaires libèreraient en outre immédiatement, chaque année, la mobilisation additionnelle de +10 Mm3 de bois sur le marché (pour l’essentiel des petits bois feuillus pour l’énergie et la trituration) provenant de l’exploitation des peuplements pré-existants avant ces nouvelles plantations                      (env. 200 m3/ha).<p></p>

Le reboisement est donc un moteur essentiel de la mobilisation des ressources.

Et le résineux en est le « carburant » le plus efficace pour notre filière. <p></p>

Aux yeux de la question stratégique qu’est l’approvisionnement des entreprises de la filière, le problème du renouvellement, de l’adaptation et de la mobilisation des ressources forestières françaises n’est pas en outre principalement lié au morcellement de la forêt de production, comme beaucoup veulent le laisser croire…

10 Mha en effet, soit les deux tiers de notre forêt (ex. équivalents à la surface forestière allemande), qui fournissent plus des deux tiers de notre production de bois, sont composés de « vraies » forêts structurées, domaniales, collectives et privées, et n’appartiennent en fait qu’à moins de 400 000 propriétaires tout en n’étant gérés que par 150 structures de gestion à peine dont l’ONF, les 27 coopératives et les 120 experts privés !….

Le CLUB des bio-économistes / C. Roy