Les externalités en valeur
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Les externalités en valeur

Les talents cachés de la bioéconomie !

 Le CLUB / 2016

La bioéconomie, c’est la valorisation des fruits de la photosynthèse en aliments, matériaux, bases chimiques, fertilisants organiques et bioénergies variées…

Mais c’est d’abord une économie de substitution qui permet de réduire ou de remplacer l’utilisation d’hydrocarbures fossiles et épuisables dans la chimie, l’industrie des matériaux et les filières énergétiques. C’est le fruit de la photosynthèse, de l’agriculture et de la sylviculture. On facilite ainsi notre transition énergétique, tout en réduisant le niveau global d’émission de gaz à effet de serre.

Ces contributions ont de surcroît un coût minime, et la bioéconomie génère parallèlement de multiples bénéfices collatéraux (externalités socio-économiques positives) : substitution d’émissions de gaz carbonique, réduction d’impacts industriels, amélioration de notre balance commeciale, stockage biologique de carbone atmosphérique dans les sols, les végétaux et les bioproduits…

Ex. 1 m3 de biomasse ou de bois stocke 1 tonne de CO2 !

Ex. 1 m3 de biomasse ou de bois peut remplacer deux barils de pétrole !

En substituant des ressources fossiles, la bioéconomie entraîne par ailleurs la création d’emplois nets supplémentaires pour la production et la transformation des bio-ressources au sein des territoires. Cette faculté concerne toutes les filières des matériaux, de la chimie du végétal et des bioénergies (biocarburants, bois énergie, biogaz, bioélectricité), tout en améliorant son potentiel par l’innovation…

Ex. 1 emploi direct supplémentaire est créé pour 1 000 m3/an de biomasse mobilisée.

Ex. La création nette d’un emploi engendre une économie globale collective de 35 000   €/an pour notre pays (source Dares)

Enfin, la bioéconomie contribue à réduire la dépendance énergétique et stratégique de notre pays, nos besoins en devises et les risques environnementaux ou géopolitiques nombreux attachés à l’économie pétrolière et gazière.

Ex. La filière française des biocarburants permet d’économiser l’importation de 1 Mds €/an de pétrole (au prix actuel du baril), soit l’équivalent de 70 tankers pétroliers de type Erika dont la circulation est évitée chaque année !

Pourtant, et parce que « notre monde est fini », la bioéconomie doit aussi être mesurée objectivement et prudemment comme une source possible de concurrence entre les bio-filières (ex. non alimentaire v.s. alimentaire ; bois énergie v.s. bois matériau…). Cela justifie une recherche permanente de synergie entre ces voies de valorisation, dont les bioraffineries sont des exemples majeurs.

Les débats et les polémiques relatifs à la bioéconomie et à ses effets supposés « menaçants » sont, en France au moins, de portée plus théorique et dogmatique que pratique. Nos stratégies de développement sont en effet éminemment contrôlées. D’ailleurs, la mise en place de critères de durabilité pour la production et le commerce des biocarburants en est une preuve évidente. Aucune autre filière économique au monde, pétrole compris, n’est ainsi « certifiée durable ».

Les vertus de la bioéconomie sont donc flagrantes, et puissantes. On parle ainsi  « d’externalités socio-économiques positives » quand on évoque, pour l’agriculture, pour l’agro-industrie ou pour la filière forêt-bois-fibres, les emplois qui en découlent, le carbone qui est évité, les devises qui sont économisées ou les risques qui sont amortis par de telles économies bio-sourcées. Malheureusement, ces importants bénéfices externes de la bioéconomie ne sont pas reconnus ni valorisés. Ce sont des « services gratuits d’intérêt collectif » ! (à l’inverse, l’économie des hydrocarbures n’internalise pas la plupart des coûts externes et des impacts négatifs importants qu’elle engendre pour la collectivité… guerres comprises…).

L’affichage et la prise en compte de telles externalités par les politiques publiques et par les marchés aurait donc sans nul doute un effet de rééquilibrage au profit de la compétitivité réelle des biofilières.