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30.03.2015

bioeconomie: jusqu’où peut-on aller ?

Pendant les 5 000 ans qui nous ont précédés et jusqu’au 19e siècle, l’essentiel de nos ressources de base étaient d’origine bio-économique, pour tous usages, ou générées par le vent et l’eau. Les populations restaient très limitées. Le 19e siècle nous a apporté le « charbon de terre ». L’usage des seules ressources naturelles renouvelables (dont le bois) ne suffisait d’ailleurs plus à cette époque pour faire face aux besoins d’une population et d’une industrie croissantes. La déforestation et la surexploitation forestière atteignaient des niveaux critiques. Et c’est ensuite la maîtrise du pétrole (puis de l’électricité et du gaz, plus tard) qui ont permis une deuxième révolution industrielle et sociétale, et l’émergence d’une nouvelle civilisation technologique fortement dépendante de l’énergie fossile. La bio-économie a ainsi semblé « disparaitre » de nos modes de développement dits « modernes », sauf bien sur dans l’alimentation, le bois et le papier;

Mais nous abordons désormais une 3e période où, devant les risques de pénuries de ressources fossiles et de dérive climatique, la bio-économie réapparait dans toute son efficacité, sa sobriété et sa diversité, avec une population de 10 milliards d’habitants sur Terre en perspective ! D’où l’obligation de développer des technologies extrêmement innovantes et sobres pour une meilleure utilisation des ressources limitées de la biomasse en particulier.

Il est évident en effet que l’ère post-pétrolière ne pourra pas être bio-économique à 100 %, faute notamment de bio-ressources et d’espaces productifs en suffisance pour 10 Mds d’habitants. Un seuil indicatif de 20 à 30 % pour la contribution de la bio-économie à notre futur paraît néanmoins accessible et raisonnable, si nous savons redevenir raisonnables et sobres. Car il faudra en effet parvenir à une sobriété rigoureuse de nos comportements, de nos organisations et de nos procédés. Et la 1ere révolution à faire est donc bien celle de cette sobriété et de l’économie circulaire, tandis que la priorité générique qui s’impose à tous et partout est, et restera, la production et la récolte massives de biomasse, en agriculture comme en sylviculture, avec une mise en valeur efficace des ressources: nous entrons dans un monde fini !

Le CLUB des bio-économistes / C.Roy