biogaz

05.12.2016

Le biogaz qui fermente !

La méthanisation est fondée sur la fermentation anaérobie de la plupart des déchets organiques, (ou biodéchets) : résidus agro-alimentaires, effluents d’élevage, substrats végétaux solides, etc. Sous l’action de la flore méthanogène, ces matières organiques se transforment en un sous produit organo-minéral qui vaut un amendement agricole (le digestat, qui est épandu en agriculture), et produisent corrélativement un gaz mixte riche en méthane (le biogaz), source possible de chaleur, d’électricité, de gaz et même de carburant (biométhane).

La production énergétique par méthanisation reste modeste en France (de l’ordre de 400 000 tep/an, soit 3 % à peine des bioénergies produites), même si les investissements se sont fortement accrus depuis 5 ans grâce aux soutiens tarifaires publics, et aux aides à investissements.

La majorité des méthaniseurs (env. 300 installations) concerne en réalité (outre les centres de stockage de déchets ménagers) des équipements de dépollution conçus pour le traitement des effluents industriels (brasseries, distilleries, laiteries, papeteries,..), ou pour la valorisation de boues et d’effluents de stations d’épuration urbaines.

La méthanisation dite « agricole » ou « territoriale » (pour la valorisation de déchets ruraux mixtes à dominante agricole) reste donc encore minoritaire (env. 200 installations, de tailles plus réduites que les précédentes), malgré la forte dynamique impulsée récemment par le monde agricole et par l’État pour soutenir cette filière.

1 200 emplois dépendraient de la méthanisation pour les investissements (les deux tiers) et pour la gestion des méthaniseurs et des équipements énergétiques (un tiers).

Les valorisations énergétiques privilégiées du biogaz, car les plus simples, sont la cogénération de chaleur et d’électricité (moteur ou turbine), électricité « verte » qui est livrée sur le réseau à des tarifs d’achat bonifiés. Plus récemment, l’injection du biogaz dans le réseau gazier (plus coûteuse, et nécessitant une épuration préalable du biogaz) a été rendue possible grâce à des « tarifs d’injection » bonifiés eux aussi. L’injection peut permettre, par le biais de « certificats massiques d’injection », d’alimenter des « stations-service au biogaz spécifiques » délocalisées (ex. de Lille et de ses « bus verts »).

La méthanisation n’est donc certes pas une filière énergétique puissante. Elle est en revanche une composante importante des stratégies agronomiques de valorisation des biodéchets, et elle constitue un véritable « concentré de développement durable ». Elle apporte enfin au secteur de l’élevage une ouverture attractive vers la bioéconomie, laquelle est, il faut en convenir, plus spécialement fondée sur la valorisation des grandes cultures (et de la forêt).

Le CLUB des Bioéconomistes