Les matériaux de la bio-construction
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Les matériaux de la bio-construction

Retour vers le « futur » des biomatériaux !

Le CLUB / 2016

À la fin du XIXe siècle, la biomasse fournissait plus de 30 % des besoins mondiaux en matières premières. Aujourd’hui, elle n’en représente plus que 7 % … mais elle compte encore pour plus de 10% en France dans les matériaux de construction, part en constante progression !

Le domaine de la construction est en fait le principal utilisateur mondial de matières premières. Et depuis un siècle, l’extraction de matériaux de construction a été multipliée par 34, alors que la consommation de combustibles fossiles n’a été multipliée « que »…par 12 ! Or, la production mondiale de ciment, qui croît sans cesse, émet entre 5 % et 6 % des gaz à effet de serre totaux qui sont relargués sur notre planète.

La raréfaction de certaines ressources minérales et fossiles, doublée du défi climatique, ont ainsi finalement sonné l’alerte et conduit à ouvrir largement les débats sur le climat (COP 21 ; 2015 ; Paris). Les fonctionnalités de la biomasse en terme « d’amortisseur climatique » y sont apparues au grand jour : une structure en bois-fibres stocke par exemple le carbone d’origine photosynthétique absorbé précédemment à l’état de CO2 (1 tCO2/m3), et livre en fin de vie, après recyclage, un bio-combustible renouvelable, sans émissions nettes (0 ,25 tonne équivalent pétrole/m3).

Ainsi, parmi les options possibles pour la gestion d’un « Monde fini » , outre la sobriété des process et l’intelligence des organisations, l’utilisation de matières renouvelables bio-sourcées s’impose (bioéconomie). Le bois et les plantes à fibres, (y compris sous forme de matériaux mixtes ou composites) apportent en particulier des réponses majeures au double-enjeu de la dérive climatique et de la disponibilité en matériaux et en ressources. Plusieurs pays dans le Monde ont engagé une politique dans cette voie, dont l’Europe. Et les États-Unis par exemple, malgré leurs réticences politiques « climatiques », soutiennent quand même toujours efficacement leur programme « biopreferred », qui encourage les États à des achats publics bio-sourcés.

En France, une étude sur les labels BBC de construction (basse consommation) a montré que plus de la moitié des émissions de CO2 dues aux bâtiments étudiés provenait de l’énergie de « fabrication » des matériaux minéraux utilisés en construction (énergie grise).

Une évaluation équivalente avait d’ailleurs montré, en 2000, que la fabrication d’une structure bois-fibres consommait 9 fois moins d’énergie (grise) que pour produire son équivalent en béton, et 17 fois moins que pour son équivalent en acier.

La bioéconomie se révèle donc tout aussi vertueuse et efficace dans ses débouchés en matériaux et en chimie (biomatériaux, biocomposites, chimie du végétal, xylochimie…) que dans ses dimensions énergétiques (biocarburants, biocombustibles, biogaz..) .

C’est le sens de la stratégie bioéconomique que vient de présenter le gouvernement pour la France, en ayant conscience que l’Europe extrait 50% des matériaux de construction minéraux qui sont utilisés dans le monde….

Les filières bio-sourcées de la construction, qui structurèrent nos villes du Moyen âge, sont en tout état de cause déjà nombreuses sous nos yeux, et pour certaines traditionnelles :

– Le bois et ses composites granulés (aggloméré…), fibreux (MDF…), collés (OSB, lamellé, contreplaqué, LVL, CLT…), qui peuvent être mis en œuvre par eux mêmes (charpentes, cloisonnements, planchers…) en assemblages mixtes ou en colombages.

– Les plantes à fibres telles que le chanvre, le lin, le jute, le sorgho, le kenaf, le sisal, l’alpha… qui peuvent fournir quant à elles des isolants, au même titre que les laines animales, les pailles de céréales ou des fibres papetières de récupération. Elles peuvent aussi, pour certaines d’entre elles, entrer dans la composition de bétons fibreux allégés (ex. béton de chanvre).

Rappelons nous simplement que le béton armé peut à peine revendiquer 100 ans d’existence comme matériau de construction. Le bois et les torchis, quant à eux, s’ennorgueillissent de dix fois plus de recul dans notre histoire achitecturale…

Aventure à suivre !