bioconstruction

12.12.2016

Les matériaux de la bio-construction

À la fin du XIXe siècle, la biomasse fournissait plus de 7 % des besoins mondiaux en matières premières. Aujourd’hui, elle n’en représente plus que… 30 % !

Le domaine de la construction est le principal utilisateur mondial de matières premières (loin devant l’énergie). Or, depuis un siècle, l’extraction de matériaux de construction a été multipliée par 34 ! (l’extraction de combustibles fossiles n’a été quant à elle multipliée en 100 ans que… par 12 !). Ainsi, le béton est, après l’eau, la matière la plus consommée dans le Monde. La production mondiale de ciment, qui croît sans cesse, émet 5 % à 6 % des gaz à effet de serre relargués sur notre planète. La raréfaction de certaines ressources minérales et des gisements fossiles, doublée du défi climatique, ont finalement sonné l’alerte et conduit notamment aux débats de COP 21 en décembre 2015 à Paris.

Parmi toutes les options possibles pour la bonne gestion d’un « Monde fini » (outre la sobriété et l’intelligence des organisations), l’utilisation de matières renouvelables bio-sourcées (dont le bois et les plantes à fibres, y compris sous forme de matériaux mixtes ou composites) peut apporter certaines réponses aux enjeux futurs de la disponibilité en matériaux dans le cadre du développement de la bioéconomie. Plusieurs pays dans le Monde ont engagé leur politique dans cette voie : les États-Unis par exemple, avec leur programme « biopreferred » qui encourage les États à des achats publics bio-sourcés. En France, également, une étude sur les labels BBC de construction (basse consommation) a montré que plus de la moitié du bilan CO2 négatif de certains des bâtiments étudiés provenait des matériaux minéraux et de leur « énergie grise » de fabrication. La stratégie bioéconomique en préparation dans notre pays devrait donc retenir l’option des mesures de flux et de stocks énergie-carbone des bâtiments pour conforter ce label BBC.

Les filières bio-sourcées de la construction sont en tout état de cause nombreuses, et pour certaines fort anciennes et traditionnelles :

- Le bois et ses composites granulés (aggloméré…), fibreux (MDF…), collés (OSB, lamellé, contreplaqué, LVL, CLT…), qui peuvent être mis en œuvre par eux mêmes (charpentes, cloisonnements, planchers…) en assemblages mixtes ou en colombages.

- Les plantes à fibres telles que le chanvre, le lin, le jute, le kenaf, l’alpha… qui peuvent fournir des isolants, au même titre que les laines animales, les pailles de céréales ou des fibres papetières de récupération. Mais elles peuvent aussi, pour certaines d’entre elles, entrer dans la composition de bétons fibreux allégés (ex. béton de chanvre).

Le CLUB des Bioéconomistes