club des Bio-économistes

14.12.2018

Le CLUB des Bioéconomistes vous souhaite un joyeux Noël 2018…

2050 : FFB et BFF !

Pour la première fois, la Fédération Française du Bâtiment, la FFB, faisait congrès commun, en 2050, avec Bois et Fibres de France, la fameuse BFF ! Et ce n’était pas un hasard s’ils avaient choisi Mont de Marsan pour sceller des accords historiques.

Les damiers de ligniculture, de sorgho-fibre et de chanvre du sud-ouest de la France fournissaient en effet plus de la moitié des matières premières nécessaires pour alimenter les structures composites et isolantes de la construction. Les immeubles modulaires à haute performance carbone, jusqu’à huit étages et plus, n’utilisaient plus en effet qu’exceptionnellement le béton traditionnel, le parpaing, l’acier ou la brique comme matériaux exclusifs, depuis que le pétrole valait son poids d’or. Le bois, la fibre et les bio-composites jouaient désormais les « durs » et avaient même fini par amadouer les maçons… Il faut dire qu’une structure-parement en ligno-composite et en cellulose, c’était précis, léger, rapide à élever, isolant et suffisamment flexible pour affronter toutes les turpitudes climatiques. Les grandes industries du sciage, du panneau et même du papier, qui enrichissaient l’Aquitaine, avaient d’ailleurs commencé elles aussi leur propre révolution par contre-coup des tempêtes destructrices pour la forêt landaise de 1999 et 2009. Et les agriculteurs avaient largement suivi en mettant la main à la pâte ! À l’époque, souvenons-nous-en, le tiers du massif forestier d’Aquitaine avait été mis à genoux par ces cataclysmes climatiques. Tout était à réaménager !

C’est de là, en Aquitaine, qu’était née en 2020 la BFF, une intégration quasi miraculeuse de la filière forêt-bois et du monde agricole autour des défis de la « bioconstruction ». BFF avait réuni des professionnels décidés à tout miser sur les nouveaux matériaux fibreux et à reconquérir la maîtrise de leurs ressources. Le secteur de la construction conventionnelle, d’abord réticent, avait fini alors par ouvrir les yeux, en particulier devant les contributions carbone exorbitantes que lui coûtait l’usage traditionnel du couple béton/acier.

Pendant ce temps, BFF avait aussi pris en main, en 25 ans, la reconstitution de l’essentiel de la forêt landaise dévastée, mais en y créant cette fois le plus extraordinaire « jardin agro-forestier » qu’on puisse imaginer, diversifié sur près de 400 000 ha ! Pins maritimes bien sûr, mais aussi sorgho fibre, miscanthus, chanvre, robiniers, séquoias et bandes bleues de pawlonias alternaient, cloisonnant l’espace pour mieux produire, mieux sécuriser et mieux résister… Et chacun y trouvait finalement son compte de planches, de fibres et d’énergie. De jeunes « naturalistes » se réjouissaient même parfois naïvement de cette « biodiversité » retrouvée dans les Landes, que nombre d’entre eux qualifiaient même parfois de « naturelle »…

Et voilà que FFB et BFF, si complémentaires finalement, nouaient une alliance officielle ! C’en était décidément bien fini de la vieille histoire des trois petits cochons !

LOGO CLUB des Bio-économistesClaude Roy