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29.04.2016

Le bioéthanol carburant redresse la tête

L’assemblée générale des « éthanoliers » du 5 avril 2016 fut l’occasion, pour son président Bruno Hot, d’inviter les participants à un nouveau futur, après une année 2015 déjà qualifiée de « bon cru » !

Il n’est pas inutile de restituer avec quelques détails la nouvelle « formation de bataille » du bioéthanol.

Tout d’abord, le débat européen sur la directive nommée improprement « ILUC » (changement indirect d’affectation des sols) a été finalisé et conclu par un plafonnement à 7 % des taux d’incorporation des biocarburants issus de plantes sucrières, ou riches en amidon, ou de cultures dédiées. Ce plafonnement reste dans l’attente d’études ultérieures sur l’effet ILUC, réel ou supposé. Rappelons que la Commission européenne avait proposé de limiter l’incorporation à 5 %, le Parlement européen penchait plutôt pour 6 % et c’est le Conseil des Ministres, avec le soutien de la France, qui opta pour le niveau le plus élevé de 7 %.

La loi de transition énergétique a par ailleurs fixé un objectif de 15 % d’énergies renouvelables (dont les biocarburants) dans les transports en 2030.

Le gouvernement a décidé de rapprocher, par étape, les fiscalités de l’essence et du gazole, ce qui est favorable au marché de l’essence (qui avait baissé de 40 % en dix ans) et indirectement, du bioéthanol. En outre il faut noter la création d’un différentiel de fiscalité entre le SP95, SP98 et le SP95-E10 (soit un écart de prix à la pompe de l’ordre de 5 cts/litre entre le E10 et les autres essences, au profit du E10).

Sans vouloir être exhaustif, il faut aussi noter que le chantier de l’homologation des boitiers flex-fuel a été initié grâce à des études techniques, tandis que le groupe Volkswagen propose désormais une nouvelle offre de véhicules flexfuel et que, au début de cette année 2016, l’ED95, nouveau carburant qui contient 95 % d’éthanol, est devenu utilisable dans des moteurs de type diesel modifiés pour les autobus urbains notamment.

L’avenir, désormais, commence par 2016 dans le cadre des nouvelles orientations européennes énergie-climat découlant des engagements de COP21 (et en France, de la loi de transition énergétique).

La Commission européenne a défini des objectifs une baisse de 40 % des émissions de CO2 et un objectif de 27 % d’énergie renouvelable à l’horizon 2030. Sans une politique durable des transports, de tels objectifs seront hors de portée. Et sans les biocarburants, et le bioéthanol notamment, il ne peut y avoir de stratégie efficace des transports routiers durables.

Bruno Hot – Le CLUB des Bioéconomistes