Biomasse

22.12.2014

La biomasse pourrait-elle fournir plus d’usages non alimentaires ?

  • Les diverses productions végétales et animales mondiales possèdent leurs caractéristiques propres, parfois associées à des utilisations très spécifiques. Des substitutions sont toutefois possibles au sein des grandes catégories d’usages de la biomasse, à commencer par ses destinations énergétiques qui, dès à présent, en représentent environ un tiers (aujourd’hui principalement par combustion, chauffage, cuisson), et qui pourront très certainement s’accroître à l’avenir.
 
  • Pour rester dans les ordres de grandeur, il faut rappeler que la consommation mondiale totale d’énergie primaire représente annuellement 12 Gtep (12 milliards de tonnes-équivalent-pétrole). Les quelque 5 Gtep équivalents de biomasse totale qui sont effectivement produites et collectées par les hommes pour tous usages, alimentation comprise, ne sont donc pas négligeables.
 
  • Face aux graves menaces d’une accumulation de gaz à effet de serre, et notamment de gaz carbonique, l’exploitation plus intensive de la production photosynthétique, qui capte le CO2 et délivre une biomasse utilisable sous diverses formes de produits énergétiques et non énergétiques, apparaît comme une voie prometteuse. Elle n’en comporte pas moins des limites !
 
  • Malgré une disponibilité alimentaire mondiale devant devenir universellement « sobre », et qui convergerait vers 3 000 kcal/j/personne (dont 500 kcal sous forme de protéines animales), la satisfaction alimentaire d’une population de 9 ou 10 milliards d’individus en 2050 devrait quand même nécessiter un quasi doublement de la production alimentaire mondiale. C’est un impératif premier et une contrainte forte. Et les besoins non alimentaires en « carbone vert » viennent s’y ajouter (bioénergies, chimie végétale, biomatériaux).
 
  • Dès lors, chacun s’interroge !
 
  • Doubler la production alimentaire mondiale épuise-t-il pour autant le potentiel de collecte de biomasse ? Cette augmentation des prélèvements de biomasse pour d’autres usages qu’alimentaires, c’est à dire énergétiques, chimiques ou comme matériaux, est-elle envisageable ?
 
  • La FAO (Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation) comme l’AIE (Agence internationale de l’énergie) estiment la production primaire mondiale annuelle de biomasse à environ 70 à 80 Gtep. L’humanité prélèverait donc actuellement entre 5 et 10 % seulement de cette production. La tentation est donc de répondre OUI. La « ressource » est largement suffisante ! Mais rien n’est si simple, car au-delà de ces chiffres estimatifs grossiers, les connaissances sont lacunaires.
 
  • Les scénarii des uns et des autres nous disent, selon le cas, soit qu’il est impossible de mobiliser plus de biomasse énergétique, soit au contraire que l’on pourrait en récolter et en utiliser massivement, deux fois plus au moins que la consommation énergétique mondiale totale…
 
  • Il est donc urgent, vu les enjeux, de créer de véritables « observatoires intelligents » capables de traduire en VRAIS scénarii plausibles les VRAIES données brutes de l’allocation mondiale des bioressources.
 
  • De beaux chantiers en perspectives pour des bioéconomistes !
 
  • Le CLUB des bio-économistes / A.J. Guérin