cercle vert bon sens

12.05.2017

En France : le bon sens de la bioéconomie !

La bio-économie se définit comme la production, la mobilisation et la transformation des produits naturels issus de la photosynthèse. Ses filières permettent de substituer sobrement, mais partiellement, l’utilisation de ressources et d’énergies épuisables d’origine fossile, par des ressources renouvelables issues de l’agriculture, de la sylviculture et des sous produits organiques, grâce à de multiples applications innovantes.

En France, outre le secteur agro-alimentaire (chiffre d’affaires de 170 mds €/an et 520 000 emplois directs), et la filière forêt-bois traditionnelle (chiffre d’affaires de 40 mds €/an et 250 000 emplois directs), des nouvelles filières de la bioéconomie se sont développées depuis 20 ans : les néo-matériaux, la chimie du végétal, les biocarburants, les bio-combustibles, les bio-fertilisants…

Toutes ces « filières vertes », renouvelables, sobres, innovantes et créatrices d’emplois répondent durablement à nos besoins et contribuent aussi, dans le même temps, à amortir les défis énergétiques et climatiques. Car la bioéconomie est d’abord une source sans égal d’absorption et de stockage du carbone atmosphérique via la photosynthèse (« pompe à carbone »).

Les bio-filières représentent aujourd’hui 6 % des approvisionnements de l’économie française pour l’énergie, les matériaux et la chimie. 100 000 emplois directs ont été créés en 20 ans par ces nouvelles productions renouvelables, et autant d’emplois supplémentaires sont encore attendus d’ici 2030. Un doublement de cette contribution économique majeure est ainsi visé dans les 20 ans à venir pour répondre aux enjeux du climat et de la transition énergétique.

Mais pour atteindre ces objectifs ambitieux, une nouvelle stratégie devait prendre le relais des politiques déjà largement engagées en France depuis les années 2000 (plan biocarburants, plan biocombustibles, plan chimie du végétal, plan bois construction…). C’est ce que vient d’annoncer le Gouvernement.

Il faut désormais mettre tout particulièrement l’accent sur deux orientations majeures :

- L’identification et la prise en compte explicite des « externalités socio-économiques » positives de la bioéconomie (carbone, emploi, balance commerciale, …) dans les arbitrages publics, ceci pour identifier et conforter la compétitivité réelle des biofilières.

- Le développement d’un effort durable d’éducation, d’information, de communication et de recherche économique, effort indispensable pour réhabiliter la légitimité et la valeur de « l’économie industrielle du vivant » dans notre société.

C. Roy – Le CLUB des Bioéconomistes